Des labels plus qu’il n’en faut 

En matière de tourisme durable, il existe plusieurs – trop ? – de labels. S’ils jouent un rôle dans la perception qu’ont les touristes d’un établissement, leur apportant indéniablement une caution, ils manquent de lisibilité et surtout de reconnaissance.

Demandez à un touriste de citer un seul label de tourisme responsable… 95% n’en seront pas capables. A juste titre ! Si ce n’est celui délivré par l’AFNOR (l’éco-label européen), les autres comme La Clef Verte ou les labels propres aux territoires, n’ont que très peu de visibilité, car très peu de moyens.

Ceci peut s’expliquer par le manque de maturité du secteur, elle même probablement due à la complexité de la « vente » du tourisme durable auprès des touristes – consommateurs. Déjà en matière d’alimentation, les labels bio ont eu du mal à s’imposer alors que les bénéfices consommateurs (produits sains, goût authentique…) sont plus qu’évidents. Pour le vin par exemple, le label bio a longtemps eu mauvaise presse et l’éducation des clients s’est faite sur plus d’une décennie.

En matière de tourisme, allez parler d’énergie verte ou de responsabilité sociale quand la personne devant son écran cherche à profiter au maximum de ses deux petites semaines de vacances en famille, si possible sans se prendre la tête ! Rien de condamnable là-dedans.

Y’a de la demande !

Néanmoins une multitude de sondages le montrent : il y a une demande croissante des voyageurs pour un tourisme respectueux des équilibres sociaux et surtout environnementaux, ces derniers allant souvent de pair avec des vacances réussies.

Mais à l’heure actuelle, compte-tenu de la difficulté qu’ont les professionnels du secteur à communiquer de façon positive et efficace sur leur démarche et ses bienfaits pour leurs clients, la valorisation des engagements durables passe surtout par les labels ; ces étiquettes à dominante souvent verte qui, une fois passée l’évaluation purement touristique de l’établissement, peuvent achever de convaincre un touriste de réserver.

Vers une disparition de l’éco-label européen ?

Normal donc que les grands du secteur touristique, comme l’incontournable Trip Advisor, pour ne nommer que lui, se jettent dans le bain. Cet opérateur dispose d’une telle force de frappe commerciale que l’on pourrait se réjouir qu’il créée son propre label « Eco leaders ». La sensibilisation des touristes au sujet n’en sera que renforcée et les établissements touristiques devraient s’empresser de prendre leurs dispositions pour faire partie de la nouvelle « élite ».

Seulement ne nous leurrons pas :

  • les exigences de l’opérateur sont en deçà de celles des labels traditionnels.
  • on ne peut pas rechercher d’offre touristique en fonction de ce critère sur le site de l’opérateur.

En ce qui concerne la méthode, Trip Advisor adresse un questionnaire aux établissements et les fait rentrer dans la cour « écologique » sans autre véritable forme de contrôle. L’opérateur mondial semble également compter sur le retour d’expérience des touristes pour évaluer en continu les hébergements sur leur démarche responsable ; mais si les voyageurs relatent volontiers sur le site internet de l’opérateur leurs mésaventures dans tel ou tel hôtel, seront-ils véritablement enclins à vérifier leurs engagements durables ?

Le risque est donc d’avoir un nivellement par le bas du concept même de label éco-responsable, qui plongerait à son tour le secteur du tourisme dans le green washing, comme d’autres secteurs avant lui. Sachant qu’il s’agit du secteur le plus stratégique pour le développement économique et le développement durable en général, doit-on flipper !? Ou peut-on au contraire se réjouir d’une “globalisation” du concept d’éco-tourisme ? Trip Advisor contribuera t-il à une meilleure lisibilité de l’idée même de tourisme responsable, loin des clichés habituels que l’on connaît ? Souhaitons-le.

Pour résumer, nous allons voir en 2014 / 2015 un label « responsable » vraisemblablement peu significatif inonder le secteur du tourisme. Qu’adviendra-t-il alors des labels actuels ?

[box type=”note” ]Et peut-on transformer ce (mini ?) bouleversement en opportunité pour la responsabilisation du secteur touristique ? Il semblerait qu’Hopineo ait quelques idées sous son chapeau… à suivre…[/box]

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