Ilhabela Brésil HopTour Latin America Vidéo

HopTour LatAm – le bilan

Il y a un peu plus de deux ans, Justine et Mahery « rencontraient » Florie par blog de voyage interposé. Après trois heures de Skype, la magie commençait à opérer et Florie adoptait le projet Hopineo, naissant à l’époque, pour son voyage en Amérique Latine. Suite à ces 22 mois de baroude et de découvertes, c’est l’heure du bilan. Entretien très privilégié avec Florie Thielin, au coeur du HopTour Latin America.

Hopineo : Peux-tu nous rappeler quelle était la motivation principale de ton départ en voyage, et comment tu l’imaginais (durée, lieux, etc.) ?

Florie : J’avais en tête depuis plusieurs années d’apprendre un jour l’espagnol et partir pour un long voyage en Amérique Latine. Travaillant dans le tourisme, je cherchais une idée de projet me permettant d’allier le développement de mes compétences professionnelles au voyage : mêler l’utile à l’agréable. N’ayant pas beaucoup d’économies, je cherchais aussi des solutions, me permettant de voyager longtemps malgré un budget réduit. C’est lors d’un voyage au sud de l’Espagne que l’idée m’est venue (lire l’article sur mon blog) : troquer mes compétences en marketing digital en échange du gite et du couvert tout en voyageant.

Trois jours avant mon départ, Justine & Mahery tombent sur mon blog et m’invitent à collecter les bonnes pratiques en tourisme responsable rencontrées sur mon chemin afin de les publier sur Hopineo. C’est ainsi que mon projet d’« Hospitality Tour » initial devient un « HopTour ». Nous lançons alors avec Hopineo un concept similaire au WOOFING mais appliqué au tourisme responsable, où les structures d’accueil sont appelés les HopHosts.

J’avais pris un aller simple pour Cancun au Mexique le 1er Juillet 2014, pensant voyager 6 mois à travers l’Amérique Centrale et du Sud jusqu’à Buenos Aires en Argentine. Ce fut finalement un voyage de presque 2 ans, jusqu’au Cap Horn, et avec un extra improvisé au Brésil, d’où je suis finalement repartie de Sao Paolo en Avril 2016.

Workshop sustainable tourism, Ilhabela island, Brazil
Austral Road, Aysen, Chile

 

H : Par rapport à ce point de départ, quelle a été ta plus grande surprise ?

F : Je suis partie avec cinq contacts de petits hôtels confirmés pour les trois premiers pays. Tout en descendant le continent, je cherchais ensuite les structures quelques semaines en amont et les contactais par internet pour faire la proposition. La grande et belle surprise fut de toujours trouver des HopHosts prêts à m’accueillir dans chaque pays et de laisser alors mon itinéraire se dessiner au gré des trocs confirmés. Une fois sur place, presque dans tous les cas, ils me proposaient ensuite de rester plus longtemps !

Je suis partie avec une idée un peu folle toute seule dans mon coin. Mais doucement, j’ai intégré ce réseau international de professionnels du tourisme engagés pour un tourisme durable. Ce qui m’a permis de rencontrer des gens formidables, de me professionnaliser dans la démarche et faciliter la recherche de HopHosts dans les pays suivants. Je me suis d’ailleurs retrouvée par exemple volontaire durant l’organisation de la conférence ESTC de Quito à faire une vidéo interview de la ministre du tourisme équatorienne entre autres, à participer au sommet international du tourisme d’aventure ATWS au Chili, à co-organiser un week-end d’ateliers sur l’île d’Ilhabela après WTM Sao Paulo, à faire des présentations dans des universités de tourisme… De belles surprises !

H : Quelles sont les 3 rencontres les plus inspirantes de ton voyage ?

F : Andean Lodges, ce sont 4 lodges construits dans le massif de l’Ausangate dans la cordillère des Andes au Pérou. Roger Valencia, passionné d’escalade et professionnel du tourisme à Cuzco, en est le Co-Fondateur. L’entreprise Andean Lodges appartient à part égales, 50% à son agence, 50% aux communautés Quechuas des villages traversés.

 

Le Paraguay commence doucement à s’ouvrir au tourisme international. La fondation Moisés Bertoni travaille en particulier à la conservation de la réserve biosphère Mbaracayú. Yan Speranza, Directeur de la Fondation, a participé activement au développement d’un centre de formation pour les jeunes de la région couplé à une structure d’accueil touristique pour assurer la durabilité du projet.

 

Douglas McMeekin est le Fondateur de Yachana Lodge situé au bord de la rivière Napo en Amazonie équatorienne. Les revenus générés par la partie touristique du projet permettent de dispenser un enseignement de qualité à des jeunes de la région, et en particulier leur enseigner des techniques d’agriculture plus respectueuses de l’environnement.

H : Qu’est-ce qui te manque le plus depuis que tu es rentrée ?

F : Manger des fruits exotiques frais et délicieux, parler l’espagnol.

H : Qu’est-ce qui te manque le moins ?

F : Refaire encore et encore mon sac à dos !

H : Quel est le principal apprentissage que tu retiens de ce voyage ?

F : La définition d’un tourisme responsable paraît claire en théorie. Dans la pratique, tout n’est pas si blanc ou si noir. J’ai visité des initiatives touristiques très différentes : de l’association de tourisme communautaire indigène, aux lodges très luxueux, en passant par de petites chambres d’hôtes. Je ne pense pas qu’un acteur du tourisme puisse être 100% durable, ou bien qu’un modèle de logement soit plus durable qu’un autre. Tous les concepts et niveaux de confort ont leur place pour répondre aux attentes des différents types de voyageurs existants. C’est la diversité qui fait la richesse de l’offre !

Je pense que les trois grandes problématiques marketing du tourisme, en général, mais aussi défis majeurs pour le développement des acteurs du tourisme responsable sont au niveau :

  • du Produit Touristique: améliorer la qualité de l’expérience et prestation offerte au voyageur.
  • de la Promotion de la Destination: développer de nouvelles destinations pour répartir l’offre sur tout le territoire (éviter le phénomène « Machu Pichu »).
  • de la Communication Digitale: rendre visible tous les « petits » acteurs du tourisme responsable sur internet aux côtés des plus « grands ».

(lire l’article complet : Qui sont les Acteurs du Tourisme Durable? Quels enjeux Marketing?)

Grey glacier, National Park Torres del Paine, Chile
Pachamanka traditional food, Nasca, Peru

 

H : L’événement le plus improbable de ton voyage ?

F : Me retrouver au Cap Horn ! Depuis le début du voyage, j’ai toujours pensé que je passerai de Santiago du Chili à Buenos Aires directement, sans passer par la Patagonie. Ce n’est pas que je ne voulais pas y aller, mais c’est une partie plutôt très isolée du continent, et les prix s’y envolent rapidement (le transport en particulier). Mais grâce à Jorge Moller, de la Fondation Régénera, que j’avais rencontré lors de la conférence internationale d’écotourisme à Quito, j’ai fait la connaissance du Président de la Fondation Ama Torres del Paine, et de l’équipe des croisières d’expéditions en Terre de Feu Australis… et je me suis alors finalement retrouvée sur la pointe extrême sud du continent ! 

H : On parle souvent de magie du voyage ; comment la définirais-tu ?

F : La magie du voyage, pour moi, c’est ce sentiment de liberté, qui se manifeste en particulier lorsque je me retrouve seule, à contempler le paysage par la fenêtre d’un bus, à explorer les ruelles d’un nouveau village, à marcher dans la montagne… Et puis, c’est aussi la gentillesse des personnes rencontrées au fil du voyage, ces « inconnus » qui font preuve de bienveillance, spontanément, naturellement.

Community-based tourism, Andean Lodges, Ausangate, Peru
Quilotoa lake, Ecuador

 

H : Que dirais-tu à quelqu’un qui n’a jamais fait de HopTrip ?

F : Faire du troc de son temps et compétences en voyageant, et en particulier pour donner un coup de pouce à des initiatives de tourisme responsable, est une expérience vraiment chouette ! C’est une opportunité unique de tisser de belles amitiés et de voyager dans les «coulisses » du tourisme du pays visité.

Nous avons tous des compétences que nous pouvons proposer. L’important est de construire son propre projet en fonction de ce qu’on aime faire. L’objectif étant aussi de profiter de l’expérience des HopTrips pour continuer à développer ces mêmes compétences (pour moi c’était le marketing digital et les vidéos par exemple). Cela permet d’être dans une vraie relation gagnant-gagnant où chacun s’enrichit humainement et professionnellement.

H : Quels sont tes vœux pour Hopineo dans le futur ?

Le site internet est maintenant bien opérationnel. Je souhaite que la communauté continue à s’agrandir, à toujours mieux s’organiser et à faire vivre à d’autres voyageurs et professionnels du tourisme de nombreuses autres belles expériences de partage. Hopineo apporte son petit grain de sel à la co-construction d’un meilleur tourisme pour un monde meilleur ; que l’aventure continue !

Envie de partir en voyage et faire des HopTrips ? De contribuer au développement d’Hopineo en listant de nouvelles initiatives et solutions pour un tourisme responsable dans votre région ? D’aider avec des traductions en anglais/français/espagnol ? Il y a de nombreuses manières de contribuer en fonction de la disponibilité et des envies de chacun. Contactez-nous !


Aucun commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.